Changer d'habillage

Vendredi 30 décembre 2011 à 23:26

[C'est tellement facile de parader partout avec le sourire aux lèvres, oui, je vais bien merci, et toi? Mes examens commencent le 9, pas du tout stressée. D. Absolument pas, à l'aise, tu me connais. ]

Seulement. Parfois, j'oublie même ton existence, puis une chanson sur mon ipod, une expression et c'est reparti. Les torrents de larmes et l'envie de mourir. Je respire enfin à plein poumons, je suis même réellement heureuse. Je me sens tellement libre. Mais tu es là, tapis, au fond de mon estomac, attendant que je relâche ma garde du bonheur et tu frappes sournoisement. Mes larmes sont brulantes, mes souvenirs aussi. Tu me manquais tellement que la tête m'en tournait. Tous ces sentiments sont si douloureux à présent. Les gens disent que je devrais garder le meilleur mais je préfère tout occulter, faire comme si tu étais mort. Déjà, je n'ai pas envie d'entendre parler de ta pute ni de ta nouvelle vie, merci mais j'ai la mienne. Cela dit et c'est sans doute le pire, je t'aime encore, pour toujours et à jamais, j'en suis persuadée. Et j'aimerai encore, j'en suis tout aussi sûre. Les gens ne comprennent pas que je t'aie trouvé, que je n'aie plus à chercher, je sais que c'est toi et je sais aussi que je peux vivre sans ta présence même si c'est absurde et intolérable.

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A

Par je.love.hubert le Samedi 31 décembre 2011 à 12:05
Le plus terrible c'est quand tu veux tout oublier, tout jeter, virer toutes les photos pour faire comme s'il n'avait jamais existé.. Puis tu croises quelqu'un qui a croisé quelqu'un qui l'a croisé lui et qui t'balance que sa vie est rose comme un coucher d'soleil. Il s'en sort cet enfoiré et pas toi. Tu sens juste que toutes tes blessures cicatrisées s'ouvrent à la fois TT
Je te souhaite un bon réveillon et que la nouvelle année soit plus douce.
Par Kyra le Mardi 3 janvier 2012 à 12:08
Trois petits points.
J'imagine ta douleur.. Vraiment. Je l'imagine et à ta place je serais en train de hurler.
Par Lucarre le Dimanche 15 janvier 2012 à 23:54
Ce me fait penser à cette nouvelle de Buzzati que je transmets un peu à tout le monde parce que je l'aime... mais elle me semble fort à propos ici.

"Contre l'amour

Maintenant qu'il est parti, qu'il ne reviendra plus jamais, qu'il a disparu, qu'il s'est rayé du temps qui passe,de la vie, exactement comme s'il était mort,il ne reste plus pour Irène qu'à s'armer de tout le courage qu'une femme peut demander à Dieu et à extirper toutes les racines de ce malencontreux amour qui s'est infiltré jusqu'au plus profond de son être. C'est qu'elle a toujours été une femme courageuse, Irène: elle ne manquera pas d'en assener encore la preuve cette fois-ci.
C'est fait! Cela a été moins terrible qu'elle ne le craignait; et cela a duré moins longtemps. Quatre mois à peine ont passé, et la voici totalement libérée. Un peu plus maigre, un peu plus pâle, plus immatérielle, mais si légère justement, avec cette douce langueur de la convalescence qui contient déjà les prémices d'hésitantes nouvelles illusions. Oh, elle a été courageuse, elle a été héroïque même, elle a su se montrer impitoyable envers elle-même, elle s'est acharnée à repousser toutes les séductions du souvenir, auxquelles il aurait été pourtant si doux de s'abandonner. Détruire tout ce qui pouvait rester de lui, jusqu'au moindre crayon, à la moindre épingle, brûler ses lettres et ses photos, jeter les robes qu'elle mettait quand il était là, sur lesquelles peut-être ses regards s'étaient attardés en y laissant une imperceptible trace, se débarrasser des livres qu'ils avaient lus l'un et l'autre et dont leur commune connaissance avait tissé un sorte de complicité secrète entre eux, vendre le chien qui avait pris de longue date à reconnaître son pas et courait à sa rencontre sitôt qu'il arrivait à la porte du jardin, abandonner leurs amis communs, changer même de maison parce que sur la tablette de telle cheminée il avait un soir posé son coude, parce qu'un certain matin cette porte s'était ouverte et qu'il était apparu pour la première fois dans l'embrasure, parce que la sonnette d'entrée persistait à faire le même bruit qu'elle faisait lors de ses visites, et que dans toutes les pièces il lui semblait à tout moment retrouver sa mystérieuse empreinte. Et encore: s'habituer à penser à d'autres choses, se jeter dans un travail épuisant grâce auquel, le soir venu, quand le danger semble vouloir se faire encore plus insidieux, un sommeil de plomb viendra la terrasser, faire connaissance d'autres personnes, fréquenter d'autes milieux, de nouveaux lieux, aller jusqu'à changer la couleur de ses cheveux.
Oui, tout cela, elle est parvenue à le faire, avec un acharnement désespéré, ne laissant à découvert aucun coin, aucune brèche, aucune brisure, par lesquels le souvenir aurait pu s'engouffrer. Elle l'a fait. Elle est guérie. Maintenant, c'est le matin. Irène, après avoir endossé la belle robe bleue que la couturière vient à peine de lui faire parvenir, s'apprête à sortir de son nouveau chez elle. Dehors le soleil resplendit. Elle se sent saine, jeune, toute propre à l'intérieur, fraîche come lorsqu'elle avait seize ans. Parfaitement heureuse? Presque.

Mais voici que d'une maison voisine lui parvient une brève onde de sons. Quelqu'un a allumé la radio ou bien mis en marche un tourne-disque. Une fenête a été ouverte. Ouverte, puis aussitôt refermée.
Il n'en fallut pas d'avantage. Six à sept notes , à peine,une bribe d'une vieille rengaine, sa chanson. Allons, Irène! un peu de courage, que diable: tu ne vas pas gâcher pour si peu, cours au travail, ne t'arrête pas, moque-t-en! Mais un épouvantable vide s'est déjà formé dans sa poitrine, un abîme s'y est déjà creusé. Pendant des mois et des mois, l'amour, cette curieuse malédiction, avait feint de dormir, laissant Irène se bercer d'illusions. Une stupidité, une broutille a suffi pour le faire se déchaîner. Des autos passent, des gens se pressent, personne ne peut rien savoir de cette femme, abandonnée sur le trottoir contre la porte de sa maison comme un enfant qu'on a puni, et qui, sans se préoccuper de sa belle robe bleue toute froissée désormais, pleure éperdument. Il est loin, il ne reviendra plus jamais, tout a été inutile."
 

Mensonges en abondance.

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